Le Burkina Faso est un pays sahélien situé au cœur de l’Afrique de l’Ouest. Il partage ses frontières avec sept autres pays africains, ce qui fait de lui un pays totalement enclavé. La population est estimée à environ 11,6 millions d’habitants selon le dernier recensement. La tranche d’âge comprise entre zéro et quinze ans constitue 49 % de la population totale, d’où une charge importante pour l’éducation. Le Burkina Faso présente toutes les caractéristiques d’un pays agricole sans grandes ressources naturelles. Le taux de scolarisation au primaire (pour les enfants de six à douze ans) est de 53 % en 2003-2004. Quant à l’enseignement secondaire, il reçoit les adolescents de la tranche d’âge de treize à dix-neuf ans. Le taux de scolarisation à ce niveau est estimé à 13,2 % pour la même année. Depuis 1994, le système éducatif burkinabé semble prendre une nouvelle orientation à l’issue des États généraux de l’éducation. La politique éducative est désormais régie par une loi d’orientation datant du 9 mai 1996. Ce rappel d’ordre social et scolaire nous a semblé nécessaire pour cerner la première limite fondamentale de l’action d’orientation et de l’offre d’éducation. La seconde limite, tout aussi fondamentale, porte sur le faible nombre de conseillers d’orientation et le faible développement des structures d’intervention pouvant doter les élèves burkinabé de « l’expérience de s’orienter ».
Histoire de l’orientation scolaire et professionnelle
« Le développement de l’orientation scolaire et professionnelle fait partie du procès de différenciation des tâches au sein de l’organisation scolaire » (Mellouki et Beauchemin, 1994, p. 465). L’intérêt pour l’orientation scolaire et professionnelle est né au Burkina Faso au début des années 1970. L’orientation se faisait alors à l’aide des tests psychotechniques et de mesures d’intelligence. On peut dire que cette méthode correspond aux approches utilitaristes et psychométriques recensées par Duval dans les années 1940 au Québec et rapportés par Mellouki et Beauchemin (1994). Cette conception a été vite dépassée pour plusieurs raisons. D’abord il y avait peu de personnel qualifié pour la passation des tests. Ensuite, ces tests étaient jugés inadaptés à la psychologie des enfants du pays. Enfin, avec la démocratisation de l’enseignement, la conception même de l’orientation avait changé. Elle ne devait plus seulement faire correspondre des profils d’élèves à des profils de formations ou de métiers mais aussi s’occuper de gestion des flux scolaires aux différents paliers du système scolaire. Il s’agit du premier palier qui marque le passage du primaire au premier cycle de l’enseignement secondaire ; du second palier qui concerne l’étape de l’entrée en BEP et en seconde ; du troisième palier qui marque la transition lycée-enseignement supérieur.





